Manga

Unmanga (en japonais : 漫画 ou まんが; bande dessinée) est une bande dessinée japonaise. Le mot manga est souvent utilisé de façon impropre pour désigner, par extension, une bande dessinée non-japonaise respectant les codes des productions populaires japonaises ou pour nommer d'autres produits visuels rappelant ces bandes dessinées (dessins animés, style graphique…).

Origine

Le dessinateur demanga est appelé mangaka. Il est soumis à des rythmes de parution très rapides, et ne bénéficie pas toujours d'une totale liberté sur son œuvre, selon la réception auprès du public. Si le manga connaît un fort succès, l'auteur devra prolonger son histoire, même s'il voulait la terminer. À l'inverse, certaines œuvres peu connues ne verront pas leurs suite et fin publiées.

Les manga se lisent souvent dans le sens inverse des bandes dessinées occidentales : de droite à gauche ce qui correspond au sens de lecture japonais. Cela amène une certaine confusion puisque la lecture des mots se fait alors dans le sens inverse de celui des cases (ce qui n'est pas le cas au Japon). Introduits en France en 1978 avec la revue Le cri qui tue, les manga ne sont publiés dans ce sens que depuis 1995 environ. Toutefois, les éditeurs français ne se plient pas systématiquement à cette spécificité. Certains choisissent alors de simplement retourner les images, ce qui occasionne des incohérences qui peuvent être douteuses (un droitier qui devient gaucher, un coup porté au cœur qui perd son sens avec une image inversée ou encore un salut nazi effectué du bras gauche dans L'Histoire des 3 Adolf). D'autres adaptent entièrement les ouvrages en retournant seulement certaines images, changeant la mise en page et en redessinant certains éléments graphiques, ce qui a pour mérite de faire correspondre la forme des phylactères avec l'horizontalité des systèmes d'écriture occidentaux (Casterman notamment, dans sa collection Écritures), mais génère toutefois un surcoût significatif.

La plupart des éditeurs français ont actuellement adopté le sens de lecture japonais, dans un but d'économie et de respect de l'œuvre. Cela les expose à se couper d'un lectorat plus large (notamment âgé) que les habitués du genre. Hergé, en particulier, a codifié la BD pour une lecture de gauche à droite et le lecteur aux habitudes acquises risque de lire le début d'une action ou d'un gag avant la fin. Cependant, la vague de démocratisation qu'a connu le manga en France auprès des jeunes a fait que la plupart des lecteurs préfèrent désormais le sens de lecture japonais. Ailleurs qu'en France, et notamment aux États-Unis, l'adaptation se plie généralement au sens de lecture occidental et les japonais mettent en leur sens les bandes dessinées occidentales. Ce changement de sens de lecture des cases apparaît donc comme une spécificité française, c'est devenu une sorte d'identité, commercialement captive, du lectorat français de manga.

Diffusion

À la différence de l'Europe et des États-Unis, le marché de la bande dessinée au Japon n'est pas un marché de niche mais un phénomène de masse qui touche une part énorme de la population (on estime à 60 % le nombre de japonais qui lisent au moins un manga par semaine) et génère une importante activité économique. Les manga japonais sont moins chers qu'en Europe, leur prix avoisinant les 500 yens (4 euros en mars 2009), alors qu'en France, le prix d'un manga se situe généralement entre 6 et 9 euros selon le format et les éditions.

Le manga publié dans les magazines de prépublication est considéré au Japon comme un objet de grande consommation plutôt qu'un objet de valeur. Cependant, des éditions reliées et brochées à l'image de celles paraissant en Occident, sont destinées à être collectionnées et conservées.

Depuis son ouverture en novembre 2006, le musée international du manga de Kyōto offre une impressionnante collection de manga (200 000 volumes sachant que la collection est amenée à évoluer).

L'énorme popularité des manga rivalise avec les grosses pointures de la bande dessinée européenne ; ainsi, les 42 tomes de Dragon Ball se sont vendus à plus de 250 millions d'exemplaires dans le monde, un chiffre qui surpasse celui enregistré par Les Aventures de Tintin et Milou avec 24 albums édités à plus de 200 millions d'exemplaires.

Les manhwa, bandes dessinées coréennes très semblables aux manga, ont également une diffusion de plus en plus dynamique.

Le système de prépublication

Lesmanga japonais sont très rarement édités directement sous forme de volumes reliés. Ils paraissent tout d'abord de manière découpée dans des magazines de prépublication, des revues spécialisées qui leur sont consacrées.

Les rythmes de publication de ces magazines peuvent beaucoup varier, allant de l'hebdomadaire aux publications mensuelles voire trimestrielles. Les séries y sont souvent publiées par chapitres d'une vingtaine de pages. À l'intérieur d'un même magazine, le papier peut parfois changer de couleur, afin de distinguer rapidement – les manga se lisent toujours rapidement – les différentes séries les unes des autres.

Ces magazines, bon marché, s'écoulent en grand nombre, c'est-à-dire en millions d'exemplaires, et se lisent un peu partout. On en retrouve parfois abandonnés dans les trains, les rames de métro, les cafés, etc. Ils alimentent un système de lectures multiples : un magazine serait lu par plusieurs personnes.

Principalement en noir-et-blanc, les premières pages des magazines sont souvent en couleurs, mettant tour à tour à l'honneur l'une de leur série vedette à cet emplacement, souvent de manière à ce que le chapitre en cours soit un début de volumes.

Ce n'est que dans un deuxième temps, lorsqu'un manga rencontre un certain succès, qu'il est édité en volumes reliés, similaire à ceux que l'on trouve en France, entamant ainsi une deuxième carrière. Ces volumes reliés sont appelés tankōbon (format poche), bunkōbon (format plus compact, utilisé pour des rééditions) ou wide-ban (format « luxe », plus grand que le format poche). En l'absence de succès auprès du public, une série pourra voir sa parution arrêtée, le mangaka étant prévenu peu avant pour trouver une fin rapide à son histoire et permettre une éventuelle parution en volumes. Certaines revues décident désormais de la fin d'une série dès la fin du second volume, conduisant à des histoires finales en quatre volumes. Dans certains cas, un manga à succès peut se voir adapté en anime (dessin animé).

Quelques magazines de prépublication hebdomadaires :
  • Weekly Shōnen Jump (Shūeisha) ;
  • Weekly Shōnen Magazine (Kōdansha) ;
  • Shōnen Sunday (Shōgakukan).

Certains titres atteignent couramment les 400 pages hebdomadaires. On a évoqué dans le passé des tirages avoisinant les 6 millions d'exemplaires pour le Weekly Shōnen Jump (en 1994), mais son tirage pour 2008 s'établissait à 2,8 millions d'exemplaires.

Types de manga

Les revues de manga sont généralement destinées à une catégorie d'âge précise :
* Kodomo (子供) : pour les jeunes enfants ;
* Shōjo (少女) : destinés aux jeunes filles adolescentes ;
o Magical girl (魔法少女) : Sous-genre du shōjo, désigne les mangas mettant en scène des jeunes filles utilisant des pouvoirs surnaturels pour combattre le Mal ;
o Romance : Sous-genre du shōjo, manga sentimental mettant en scène une jeune fille amoureuse d'un prince charmant, généralement des drames romantiques ;

* Shōnen (少年) : pour les jeunes garçons adolescents; o Nekketsu : Sous-genre du shōnen, le terme signifiant sang brûlant désigne les shōnen manga mettant en scène des héros exaltés défendant des valeurs viriles traditionnelles telles que le courage, l'amitié et le dépassement de soi ;
o Pantsu : Sous-genre du shōnen, le terme anglais pants (culotte) prononcé à la japonaise désigne les shōnen manga mettant en scène un héros généralement pervers au milieu d'un univers féminin dans le cadre d'une comédie romantique ;

* Josei (女性) pour les jeunes femmes et adultes ;
o Shōjo-ai (少女愛) : Sous-genre du josei et du redisu, romance sentimentale entre femmes ;
o Shōnen-ai (少年愛) : Sous-genre du josei et du redisu, romance sentimentale entre hommes ;
o Yaoi (やおい) : Sous-genre du josei et du redisu, romance sexuelle entre hommes. les mangas érotiques et pornographiques ne sont pas distingués lorsqu'on parle de yaoi.

* Seinen (青年) : destinés aux jeunes hommes et adultes ;
o Ecchi (H ou エッチ) : Sous-genre du seinen et du seijin, manga érotique mais non pornographique ;
o Yuri (百合) : Sous-genre du seinen et du seijin, romance sexuelle entre femmes. les mangas érotiques et pornographiques ne sont pas distingués lorsqu'on parle de yuri.

* Redisu (レディース, Lady's) : pour les femmes adultes.
* Seijin (成人) : pour les hommes adultes.

On distingue aussi certains genres particuliers, la plupart du temps définissant le contexte de l'histoire ou son format :
* Gekiga (劇画) : manga dramatique des années 1960-70 ;
* Hentai (変態) : manga pornographique en général, la plupart du temps hétérosexuel ;
* Jidaimono (時代物) : manga historique ;
* Moé (萌え) : manga tourné vers un sentiment ou une affection fétichiste pour un personnage ;
* Shitei : manga de type humoristique pour petits et grands ;
* Shakai : manga traitant de problèmes sociaux ;
* Geihin : manga vulgaire ;
* Suiri (推理) : policier, manga tourné vers le meurtre ;
* Yonkoma (四コマ) : manga en quatre cases (équivalent du comic strip), souvent humoristique.

Dans les pays francophones, seules cinq catégories sont couramment publiées : Shōjo, Shōnen, Seinen, Shitei et Hentai.

Vocabulaire spécifique

* Bishōnen (美少年) : joli garçon, presque androgyne.
* Bishōjo (美少女) : jolie fille.
* Cosplay : Le terme "CosPlay" vient d'une contraction entre deux mots qui sont « Costume » et « Player », qui est une pratique visant à se déguiser en personnage célèbre de manga, de jeu vidéo ou tout simplement en star japonaise. Les « cosplayers » se rencontrent fréquemment et reconstituent les scènes mythiques associées à leur personnage.
* Cyber : terme désignant les mangas comportants des cyborgs ou créatures équivalentes avec un décor futuriste, ou également actuel. Souvent ces mangas sont sombres et brutaux, à part quelques exceptions, soit dans un style policier ou de science-fiction, mais toujours avec une technologie omniprésente .
* Dōjinshi (同人誌) : production amateur, souvent parodique.
* Fan fiction : littéralement « histoire écrite par un fan » ; récit à but non lucratif reprenant le monde d'un manga (ou plus largement d'un jeu vidéo, d'un livre...), dans lequel l'auteur y fait évoluer les personnages à son gré.
* Lemon : Fan fiction (récit écrit) à caractère érotique ou pornographique mettant en scène des personnages du monde du manga, de la japanimation ou des jeux vidéo
* Lime : Fan fiction (récit écrit) romantique avec des scènes érotiques simplement suggérées et mettant en scène des personnages du monde du manga, de la japanimation ou des jeux vidéo.
* Mangaka (漫画家) : un dessinateur de manga.
* Mecha (ou meka) (メカ) : Utilisé très souvent pour les mangas et / ou animes sur les robots pilotés par un personnage ou plusieurs, ou armures de combat de toutes les tailles, revêtues par les personnages. Le terme vient du mot anglo-saxon « mechanic » traduit littéralement par « mécanique ». Exemple: les séries Mobile Suit Gundam.
* Otaku (お宅, おたく, オタク) : si, en Occident, ce terme désigne de manière générale un passionné de manga, au Japon il a une signification différente et péjorative. Il désigne une personne tellement passionnée par un sujet (une série TV, des maquettes, une chanteuse…) qu'il finit par se couper du monde réel en s'enfermant dans un monde intérieur (sa chambre, par exemple, remplie de figurines et de posters de son idole, que l'on retrouve dans GTO (Noboru Yoshikawa))
* Yonkoma (4コマ漫画, 4コマ) : bande dessinée en quatre cases étagées, le plus souvent humoristiques.

Source : Wikipedia

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Kira-kyuukyoku
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